Droit Individuel à la Formation : information et responsabilisation …

25 février 2008

Selon la dernière étude réalisée par Ipsos pour Agefos PME*, il apparaît que 41% des entreprises avouent « ne pas tenir compte ou ne pas avoir l’intention de tenir leurs salariés informés sur le DIF – Droit Individuel à la Formation ».Comme vous le savez sûrement le DIF permet aux salariés de cumuler un crédit de 20 heures de formation par an, capitalisable sur 6 ans. Ce droit – apparu en 2004 – a été octroyé à tout salarié qui le demande à sa hiérarchie, celle-ci ne pouvant refuser indéfiniment ce droit. Ce quota d’heures se cumule et ne peut pas être provisionné dans les comptes de l’entreprise.

Du côté de la communication vers les salariés nous pouvons dire que des avancées ont été faites puisque aujourd’hui les salariés sont plus informés que leur patron : 62% des chefs d’entreprise ont déjà entendu parler du DIF contre 67% des salariés. Les chefs d’entreprise veulent-ils faire l’autruche devant ce nouveau droit ?

Toutefois des prouesses restent à accomplir car seules 18% des entreprises interrogées ont fait l’objet de demande de formations dans le cadre de ce dispositif. Le motif principal de ce manque d’engouement en est l’information : 29% des salariés invoquent le manque d’information comme la principale raison pour expliquer le fait qu’ils n’utilisent pas leur DIF.

Pour finir, le constat établi par cette étude est la préférence à hauteur de 71% des entreprises pour des formations hors temps de travail contre 55% des salariés qui préfèrent l’effectuer dans leur temps de travail. Ce débat est infini et débouche immanquablement sur l’application des 35 heures dans nos petites entreprises.

Quelles leçons tirer de cette étude au-delà des chiffres ? A mon sens, la formation en général et le dispositif du DIF en particulier constituent une problématique cruciale pour toute entreprise. J’encourage tous les patrons que je rencontre à transformer ce nouveau dispositif en un outil de responsabilisation et d’aide à l’autonomie des salariés quant à leur employabilité. Combien de fois les responsables d’entreprise se plaignent de la non implication de leurs salariés. Le DIF apporte un moyen supplémentaire de responsabiliser son salarié sur une problématique qui devrait l’intéresser : lui et sa progression dans l’entreprise.

Mais cette responsabilisation des salariés demande une « hyper responsabilité » de l’employeur. Pour être encore plus concret dans cette démonstration, ci-après un exemple extrême que nous venons de traiter chez Planète Formation concernant l’application du DIF dans une TPE avec un patron plutôt réticent :
- Madame A. travaille dans un centre d’appels d’une cinquantaine de personnes et demande à effectuer une formation comptable de 3 jours afin d’évoluer dans son poste. Refus de son patron : trop de temps passé à l’extérieur, trop cher ;
- Devant plusieurs refus, Madame A. se retourne vers le Fongecif de sa région et obtient le financement d’une formation comptable de 20 jours, diplômante et qu’elle suivra 1 jour par semaine loin de son patron qui trouvait que 5 jours de formations étaient trop pénalisants pour son entreprise.

Ce cas précis démontre l’avancée des droits du salarié grâce au DIF qui n’est pas appliqué par les petites entreprises et les conséquences qui peuvent en découler face à un patron peu compréhensif et surtout peu responsable face à ce nouvel enjeu que représente le DIF.

* Etude réalisée en octobre 2007 auprès de 500 TPE-PME de moins de 500 salariés et auprès de 610 salariés

Source : tpe-pme.com / Par Christian RAISSON le 25 février 2008

Bonjour tout le monde !

25 février 2008

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